• Ratatouille

Le cheval rouge

Bonjour !


Aujourd’hui, le livre dont je vais vous parler nous est proposé par Jean. Il s’agit d’un roman historique officiellement peu connu, Le cheval rouge d’Eugénio Corti. Je dis officiellement parce que malgré un silence médiatique surprenant, il en est à sa 31ème réédition depuis 1983, ce qui n’est pas rien.


C’est un pavé savoureux qui suit l’histoire d’une famille du nord de l’Italie, au milieu du XXème siècle. Il s’articule autour de trois périodes : le début de la deuxième guerre mondiale, la fin de la guerre, et les années d’après-guerre. Deux éléments semblent faire la qualité de ce roman : son caractère autobiographique (l’auteur était présent sur le front russe) et son esprit d’analyse, profondément chrétien et anticonformiste, sur la dynamique du monde moderne.


Voilà un extrait de la préface du roman, écrite par François Livi pour l’édition de 1996 où il explique combien la publication fut laborieuse :


« Les grands éditeurs se dérobent. Moins effrayés par la "démesure" de ce livre, d'ailleurs imposée par l'ampleur des perspectives, qu'embarrassés par son profond anticonformisme culturel et littéraire: par sa dimension de témoignage irrécusable, par sa composante "prophétique", Le Cheval rouge heurte de front nombre de "vérités officielles" et de préjugés idéologiques de l'intelligentsia italienne, plus lente à s’effriter que le mur de Berlin. L’inspiration chrétienne de Corti ne fait qu’aggraver son cas.


Bref, la culture italienne, encore largement influencée par un marxisme plus ou moins délayé, réserve à Eugenio Corti - toute proportion gardée -, le même sort qu'elle assigne à Soljenitsyne : défiance, silence - dans toute la mesure du possible -, des traductions tardives. Le Cheval rouge paraît enfin, en mai 1983, chez Ares, une petite maison d'édition de Milan, dont le catalogue s'ouvre pour la première fois à la littérature romanesque. […] Le « cas » Eugenio Corti montre en définitive que la passion de la vérité –fut-elle anticonformiste – peut encore gagner des batailles culturelles. La liberté d’esprit n’a pas totalement déserté la littérature : un auteur peut avoir confiance en l’intelligence de ses lecteurs et de son éditeur. Le message est réconfortant. »


Je vous joins une interview de l’auteur, dans laquelle il explique combien de temps la rédaction de son roman lui a pris, dans quel esprit il a réalisé son œuvre et quelle a été la réaction du monde médiatique…


Merci Jean de nous avoir fait découvrir une pépite pareille !


Bonne lecture, et bonne semaine !


interview auteur cheval rouge
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