• Ratatouille

Chats, crapauds et Croquemitaines

Bonjour !


Il est possible que la série d’articles de ces dernières semaines sur la souveraineté, sur l'éducation, sur l'économie et sur la démocratie vous ait laissé un goût légèrement amer. Peut-être vous demandez-vous quel est l’intérêt de remettre en question un état de fait qui, somme toute, pourrait être pire. D’aucuns disent que sans le capitalisme nous n’aurions jamais pu bénéficier de tant de richesses, de tant d’innovations qui facilitent incontestablement notre quotidien. D’autres pensent que l’école de la République a au moins le mérite d’être disponible pour tous. D’autres protestent intérieurement contre cette "charité sélective" qui prétend faire passer le bien de certains hommes (les citoyens) avant celui d’autres hommes (les migrants) sur la base de critères plutôt mesquins (les frontières). D’autres enfin ne comprennent pas l’intérêt de questionner le régime démocratique, persuadés qu’il est le seul rempart possible de nos jours contre la tyrannie ou l’anarchie.


Je vous dis tout ça, mais ces lignes sont écrites avant même que l’article sur la souveraineté, le premier de la série, ne paraisse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de recevoir vos réactions, alors j’émets de simples hypothèses sur les retours que vous pourriez me faire. Peut-être n’y en aura-t-il même pas. Ceci étant, on ne sort pas impunément les squelettes du placard, et j’ai conscience d’avoir joué à la marelle sur un champ de mines.


Alors, à quoi bon troubler la fête ? Pourquoi avoir convoqué sous vos yeux des marchands de rêve et de fumée, des papes qui tapent du poing sur la table, des révolutionnaires déguisés en croquemitaines, des chats qui imitent des crapauds ? Laissons l’homme à qui ce site est dédié répondre à cela :


« Toutes les phrases et tous les idéaux populaires d’aujourd’hui sont des échappatoires pour se dérober au problème du bien. Nous adorons parler de "liberté", et dès que nous en parlons, nous évitons toute discussion sur le bien. Nous adorons parler du "progrès", et nous évitons ainsi une discussion sur le bien. Nous adorons parler d’"éducation", autre manière d’éviter une discussion sur le bien. L’homme moderne déclare : "abandonnons tous ces critères arbitraires et embrassons la liberté." Ce que l’on peut rendre en toute logique par : "ne décidons pas de ce qui est bon, mais considérons qu’il est bon de ne pas en décider." Il dit : "assez de vos vieilles formules morales, je suis pour le progrès." C’est-à-dire, logiquement rendu : "N’établissons pas ce qui est bon, mais établissons s’il y a moyen d’en avoir davantage." Il dit : "Ce n’est ni dans la religion, ni dans la morale, mon ami, que réside l’avenir de la race, mais dans l’éducation." Ce qui, exprimé clairement, signifie : "Nous ne pouvons décider de ce qui est bon, mais donnons-le à nos enfants." »[1]


Le refus de poser le problème du bien c’est, vous l’aurez compris, la victoire de la libre pensée. Lorsque ce problème du bien est éjecté de l’équation, lorsqu’il est considéré comme hors sujet ou inconvenant de s’y intéresser, la liberté tue la raison et nous entrons dans la folie des grandeurs.


Nous entrons dans ce royaume étrange où il faut haïr son prochain pour mieux aimer l’inconnu du bout du monde, où il faut ignorer la morale et la foi pour mieux éduquer les enfants, où il faut croire au coût du temps pour mieux profiter du labeur des autres, où, enfin, il faut vilipender l’autorité pour mieux gouverner un peuple.


Si vous le voulez bien, je vais vous proposer maintenant une petite enquête. Nous avons déjà décrit ce qu'est la libre pensée, mais sans en explorer les prémices philosophiques. J'en vois qui baillent au fond... Vous vous dites probablement que la poursuite d'un tel objectif promet d'être aussi excitant que de pénétrer dans les décombres poussiéreuses d'un sous-sol des archives, à la recherche d'une information oubliée qui n'intéresse personne. Pourquoi s'intéresser à l'erreur quand il suffit d'apprendre la bonne réponse?


A mon avis, identifier les erreurs philosophiques qui se sont succédées en boule de neige ces derniers siècles c'est tout bonnement capital. C'est capital tout simplement parce que notre façon de penser au quotidien est elle-même percluse de ces erreurs. Nous n'en sommes pas protégés par notre étiquette de chrétien. Toutes ces hérésies, nous les commettons chaque jour dans nos réflexions, tant que nous n'avons pas appris à penser droit. Et même après, on n'est toujours pas à l'abri.


A la décharge de nos pauvres âmes, ces hérésies gouvernent le monde - m'enfin c'est quand même pas une raison pour se laisser faire. Et surtout, en évinçant l'une après l'autre chacune de ces hérésies nous libérons notre intelligence, exactement comme si on réapprenait qu'en fait un bon repas c'est quand même mieux pour se nourrir qu'une perfusion. Si vous doutez encore de l'utilité de la démarche, il faut vous rappeler la parabole des talents. Quand le maitre nous donne un trésor (en l'occurrence la philosophie chrétienne), il est inconscient de l'enterrer, même sous le prétexte de nous rapprocher des pauvres. La propriété est d'abord une responsabilité qui concerne le bien commun, avant d'être une éventuelle source de jouissance personnelle. Bref.


Vous êtes prêts?


C'est donc parti pour l'aventure! A l’aide de Jean Daujat, cherchons des indices pour voir comment la raison a perdu son chemin. Hop.


Histoire de la dérive philosophique

Commençons par Descartes. L'une de ses plus grandes erreurs c'est d'avoir ressuscité celle de tonton Platon: Pour lui l'homme est divisé en deux, avec d'un côté l'animal (beurk) et de l'autre l'esprit pur (chouette), qui a toutes les caractéristiques de la conscience angélique. Une bête et un ange. En développant ça, il avance les bases de l'idéalisme: les idées ne sont accessibles qu'en dehors de la connaissance sensible, elles se cueillent dans un monde intelligible peuplé de la vraie nature de chaque chose - comme si la nature d'une chose pouvait, dans le monde visible, se distinguer réellement de sa singularité matérielle.


Le gros problème ici c'est que Descartes met de côté la réalité sensible dans le travail de l'intelligence. Bien sûr que l'intelligence de l'homme, ce qui le distingue de l'animal, c'est sa capacité à saisir la nature des choses par l'abstraction. Mais justement, cette intelligence s'appuie sur la connaissance sensible: c'est parce que l'on voit concrètement les choses par nos sens que l'on peut corriger notre compréhension de leur nature. Si l'on perd l'importance capitale de la réalité sensible dans le travail de l'intelligence, on déracine cette intelligence et c'est parti pour la folie des grandeurs.


D'un autre côté on a le sensualisme, avec Hume. Ici c'est l'inverse: en gros, pour Hume il n'y a rien d'autre que la connaissance sensible. Il n'y a plus d'ange, juste une bonne grosse bête. Le sensualisme nie la spécificité propre de l'intelligence de l'homme, à savoir sa capacité à connaitre la nature des choses, à chercher une réponse à la question du pourquoi. Tandis que la connaissance intelligible - qui s'intéresse à la nature des choses - permet de définir, la connaissance sensible ne s'intéresse qu'aux propriétés physiques et sensibles des choses, elle ne peut donc que décrire. En affirmant qu'entre l'animal et l'homme il n'y a qu'une différence de degré dans la connaissance sensible, on nie la capacité de l'homme à connaitre les choses dans leur nature.


Pourquoi est-ce qu'on oscille entre ces extrêmes? Tout simplement parce que la réalité se trouve entre les deux: l'âme, qui est le principe organisateur du corps (ce qui évite que ce soit le foutoir, ce qui lutte contre l'entropie), est aussi le principe de la connaissance sensible (ce qui permet de capter de l'information sur l'environnement par les sens et de faire du lien entre ces informations), mais aussi le principe de la connaissance intelligible (ce qui permet de dépasser mentalement les caractéristiques individuelles de chaque chose pour entrer dans le raisonnement abstrait). La connaissance intelligible, c'est le bonus exclusif accordé à l'homme dans tout l'univers du visible. Les végétaux ont une âme (principe organisateur de vie), les animaux ont une âme (principe organisateur de vie et principe de la connaissance sensible), mais seuls les hommes ont une âme qui soit à la fois principe organisateur de vie, principe de connaissance sensible et principe de connaissance intelligible. Attention il ne s'agit pas de trois âmes distinctes en l'homme, mais d'une âme humaine, unique et supérieure à l'âme des végétaux et à celle des animaux. Le maxi best of plus. D'ailleurs c'est grâce à la caractéristique intelligible de l'âme humaine que celle-ci est immortelle, contrairement à l'âme des végétaux et à celle des animaux. Eux, quand ils meurent, c'est kaput.


Il est très important de comprendre que l'âme n'est pas un esprit immatériel indépendant du corps, qui l'animerait comme une marionnette (ça c'est l'erreur de Platon et de Descartes). Elle ne fait qu'un avec ce corps. Elle naît avec la matière, elle lui est immanente et lorsque le corps meurt, l'âme humaine est profondément mutilée - jusqu'à la résurrection de ce même corps avec lequel elle ne faisait qu'un auparavant, qui marquera la réunion des deux. Pour les végétaux et les animaux, comme l'âme ne possède pas ce principe intelligible et immatériel, privilège de l'âme humaine, l'âme meurt avec la matière. On voit ainsi que l'âme est singularisée par la matière, autrement dit que le corps n'est pas un simple vêtement interchangeable mais qu'il constitue l'identité de la personne humaine.


Donc le corps, c'est chouette. Mais ce n'est pas tout. Quand les sensualistes (genre Hume) ou les nominalistes (genre Bergson) ignorent la caractéristique intelligible de l'âme humaine, quand ils font de l'homme un simple animal en lui retirant le qualificatif si important d'animal raisonnable, ils lui enlèvent cette capacité capitale d'accéder à la vérité. Bien entendu la connaissance sensible peut aller très loin, on en admire d'ailleurs les prodiges chez les mammifères supérieurs, mais tant que l'individu n'est pas capable de se poser la question du sens, tant qu'il ne parvient pas à saisir la nature des choses, il reste un animal. Incapable de construire une civilisation, incapable de faire progresser son espèce, il n'est pas doué d'intelligence au vrai sens du mot. On a la classe ou on l'a pas, que voulez-vous.


C'est un peu la même chose avec l'intelligence artificielle. Ce qu'on observe, c'est que les systèmes les plus performants ne font que déployer une "intelligence" (dans le faux sens du mot) désespérément littérale. Il s'agit d'un système capable d'emmagasiner une somme folle d'information, de relier ces informations dans tous les sens, mais incapable de s'élever à un raisonnement vraiment humain. Tout au mieux parvient-il à singer l'homme, mais ce n'est qu'un tour de passe passe car il ne possède pas la liberté, inhérente à la connaissance intelligible.


En résumé, après avoir faussement porté l'homme aux nues angéliques avec l'idéalisme, on l'a trainé sans vergogne dans la boue du sensualisme. Cette partie de ping pong s'est poursuivie, jusqu'à ce que l'accès de l'homme à la vérité par l'exercice de la raison soit complètement nié. C'est la victoire de l'empirisme, démarche de connaissance où tout ce qui sort du domaine de l'observable est qualifié d'hors sujet. La vérité n'est plus un objectif, il ne s'agit plus de définir mais de décrire les choses. Evoquer l'existence d'une nature des choses observées, non d'une nature indépendante mais immanente au monde matériel, c'est poser la question du sens et ça, ça chatouille au mauvais endroit. L'ironie de la situation c'est que toutes les sciences reposent sur le discernement d'un ordre dans le créé, autrement dit sur l'existence d'une nature des choses - mais chut, il ne faut pas trop le dire, car ce n'est plus à la mode...


Après la deuxième moitié du XXème siècle, toutes sortes d’extravagances verront le jour. Elles ont toutes pour point commun le rejet de la métaphysique, et un goût prononcé pour le sabotage de la raison, affichant cette volonté cynique de déconstruction si caractéristique de l’existentialisme et de la psychanalyse. C’est d’ailleurs frappant de voir comme la pensée erre désormais sans but, un peu comme les coureurs qui se dispersent après avoir passé la ligne d’arrivée. On en parlera prochainement avec l'excellent livre de Marcel Coste L'intelligence en péril de mort, mais avant d'en parler il faut que je le lise, hé hé. Chaque chose en son temps.


Voilà où nous en sommes. C’est pas jojo, n’est-ce pas ? Mais parlons maintenant du champion des philosophes, celui à qui nous devons les explications ci-dessus et qui avance dans les ténèbres de la connaissance avec un équilibre et une pondération légendaires. Il refait providentiellement son apparition au XXème siècle, au beau milieu de ce souk, et on en avait bien besoin! Mesdames et messieurs, applaudissons... Le seul, l'unique, Saint Thomas d'Aquin!


La philosophie de saint Thomas d'Aquin

Le 4 août 1879, le pape Léon XIII donnait au monde l’encyclique Aeterni Patris sur la philosophie chrétienne. Après avoir présenté et montré la valeur des plus grands philosophes chrétiens, le pape évoque saint Thomas d’Aquin. Ses éloges envers le docteur angélique sont dithyrambiques. Je ne vous en partage que la fin :


« Le plus grand honneur rendu à saint Thomas, réservé à lui seul, et qu’il ne partagea avec aucun des docteurs catholiques, lui vint des Pères du concile de Trente : ils voulurent qu’au milieu de la sainte assemblée, avec le livre des divines Écritures et des décrets des Pontifes suprêmes, sur l’autel même, la Somme de Thomas d’Aquin fût déposée ouverte, pour qu’on pût y puiser des conseils, des raisons, des oracles.


« Enfin, une dernière palme semble avoir été réservée à cet homme incomparable : il a su arracher aux ennemis eux-mêmes du nom catholique le tribut de leurs hommages, de leurs éloges, de leur admiration. On le sait, en effet : par les chefs des partis hérétiques, on en a vu déclarer hautement, qu’une fois la doctrine de saint Thomas d’Aquin supprimée, ils se faisaient forts d’engager une lutte victorieuse avec tous les docteurs catholiques, et d’anéantir l’Église. - Vaine espérance, sans doute, mais le témoignage n’est point vain.


« Pour ces faits et ces motifs, Vénérables Frères, toutes les fois que Nous considérons la bonté, la force et les remarquables avantages de cet enseignement philosophique, tant aimé de Nos Pères, Nous jugeons que ç'a été une témérité de n'avoir continué, ni en tous temps, ni en tous lieux, à lui rendre l'honneur qu'il mérite: d'autant plus que la philosophie scolastique a en sa faveur et un long usage, et l'approbation d'hommes éminents, et, ce qui est capital, le suffrage de l'Eglise. »[2]


Voilà qui donne à réfléchir. Quelques années après, en 1907, en réaction aux dérives de la pensée moderne, le pape saint Pie X écrira dans son encyclique Pascendi Dominici Gregis :


« Nous voulons et ordonnons que la philosophie scolastique soit mise à la base des sciences sacrées. […] Et quand Nous prescrivons la philosophie scolastique, ce que Nous entendons surtout par là - ceci est capital - c’est la philosophie que nous a léguée le Docteur angélique. Nous déclarons donc que tout ce qui a été édicté à ce sujet par Notre Prédécesseur reste pleinement en vigueur, et, en tant que de besoin. Nous l’édictons à nouveau et le confirmons, et ordonnons qu’il soit par tous rigoureusement observé. Que, dans les Séminaires où on aurait pu le mettre en oubli, les évêques en imposent et en exigent l’observance: prescriptions qui s’adressent aussi aux Supérieurs des Instituts religieux. Et que les professeurs sachent bien que s’écarter de saint Thomas, surtout dans les questions métaphysiques, ne va pas sans détriment grave. »[3]


Ces exhortations des papes ne sont pas restées vaines. Elles ont suscité le renouveau de la philosophie de saint thomas d’Aquin grâce à des penseurs comme Jacques Maritain ou le père Garrigou Lagrange notamment. La grande qualité de la philosophie thomiste est de faire la part des choses entre les découvertes scientifiques proprement dites et les idéologies modernes qui accompagnent toujours leur diffusion. C’est la vertu incontestable de cette philosophie que d’être une puissance universelle d'accueil de la sagesse, dont les principes permettent de n’être jamais disqualifiée mais plutôt enrichie par les découvertes les plus récentes. Nous aurons l’occasion d'en fournir un exemple quand on abordera le freudisme, vous verrez. Patience. Que de promesses! C'est ce temps d'élection - que voulez-vous, ça m'inspire...


Convertir son intelligence

Revenons, après ce cours voyage, dans nos baskets. Bernés par le discours ambiant, nous avons fini par croire que notre foi était un folklore oiseux, une faiblesse émotionnelle et irrationnelle. Un jouet obsolète, qu’il faut cacher pour protéger. Notre complexe d’infériorité nous a conduit à transformer un Dieu rouge sang en un Dieu rose bonbon, à faire du "sentiment religieux" de Rousseau notre seul refuge. Nous avons eu honte de la Vérité, nous n’avons pas chercher à l’approfondir car elle nous détournait de la folie moderne des grandeurs.


Il faut que ça change. Nous ne pouvons indéfiniment nous payer de bons mots, d’esquives et de ronds de jambe. Nous ne pouvons marcher joyeusement en cadence avec ce monde, comme si de rien n’était. Que nous le voulions ou non, nous sommes dépositaires d’une sagesse prodigieuse, d’une force d’équilibre et de la Vérité, la seule susceptible de délivrer le monde de ses ténèbres. Il va falloir briser les conventions pour garder les commandements.


Faire de notre foi un argument contre la raison est inadmissible. Jamais la charité n’a détourné de la Vérité. C’est seulement l’amour propre qui en détourne. Dieu nous demande de l’aimer de tout notre cœur, et, par amour pour Lui, de nous tourner vers notre prochain. Et comment aimer Dieu si l'on ne cherche pas à le connaître, par le cœur mais aussi par l'intelligence? Cet ordre des choses est fondamental, et si l’on prétend se tourner d’abord vers notre prochain avant de nous laisser enseigner par Dieu et par l’Eglise, nous allons droit dans le mur. "L'amour que nous devons avoir pour le prochain découle et dépend de l'amour de Dieu. Il s'y rapporte et il doit être réglé par lui, afin d'être droit et juste. C'est en Dieu et pour Dieu qu'il faut aimer le prochain et lui rendre tous les bons offices de la charité ; autrement tout amour qui serait contraire ou opposé à l'amour de Dieu serait faux et mauvais."[4] Ne nous laissons donc pas impressionner par les rêves du monde, ne laissons pas notre intelligence se gâter à cause de ces idéologies. Nous l’avons vu, de notre lucidité dépend le bien de la personne humaine, et sa protection dans la société des hommes.


Il ne s’agit pas de faire la Révolution, mais de révolutionner nos âmes. Il s’agit de convertir notre intelligence, qui est un soutien indispensable pour notre vie de foi. Il s’agit de discerner le bien, pour être dans le monde sans être du monde. Avançons "dans l'honneur et l'ignominie, dans la mauvaise et la bonne réputation; tenus pour imposteurs et pourtant véridiques; pour gens obscurs, nous pourtant si connus; pour gens qui vont mourir, et nous voilà vivants; pour gens qu'on châtie, mais sans les mettre à mort; pour tristes, nous qui sommes joyeux; pour pauvres, nous qui faisons tant de riches; pour gens qui n'ont rien, nous qui possédons tout." (2 Co VI, 2-10)


Bonne semaine, et bon vote ! A partir de maintenant nous reprenons le rythme de deux articles par mois.


A dans deux semaines, donc!

[1] G.K. Chesterton, Hérétiques, édition Flammarion p.30

[2] Léon XIII, Aeterni Patris, 4 août 1879 (il n’y a pas de numéro de paragraphe, va falloir chercher vous-même !)

[3] Saint Pie X, Pascendi Dominici Gregis, 8 septembre 1907, n.63

[4] Silvio Antoniano, Traité de l'éducation chrétienne des enfants, éditions Troyes-Guignard, 1856, p.220 C'est le livre dont je vous ai parlé dans l'article République et éducation. Je vous avais prévenu, c'est du lourd!